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L’atrophie vaginale

« J’ai mal pendant les rapports, alors j’évite… » Cette phrase, je l’entends très souvent, en réunion comme en message privé, et presque toujours à voix basse. Comme si c’était honteux, ou comme s’il fallait faire avec. Ce n’est ni l’un ni l’autre. Derrière ces douleurs, il y a souvent une cause bien connue des gynécologues : l’atrophie vaginale. On en parle peu, alors parlons-en.

Sommaire

Qu’est-ce que l’atrophie vaginale ?

L’atrophie vaginale, également appelée vaginite atrophique ou syndrome génito-urinaire de la ménopause, se caractérise par l’amincissement, le dessèchement et l’inflammation des parois vaginales. Elle est due à une baisse des œstrogènes, les hormones féminines qui entretiennent naturellement la souplesse et l’hydratation du vagin.

Si les médecins parlent de syndrome « génito-urinaire », c’est parce que la vulve et la vessie peuvent aussi être concernées. Retenez surtout une chose : ce n’est pas « dans la tête », c’est un vrai changement du corps, et il se soigne.

Pourquoi ça arrive ?

La cause la plus fréquente, c’est la ménopause. Beaucoup de femmes sont concernées après 50 ans, et contrairement aux bouffées de chaleur, ça ne passe pas tout seul avec le temps : ça a plutôt tendance à s’installer.

Mais la ménopause n’est pas la seule explication. On peut aussi la rencontrer :

  • après un accouchement et pendant l’allaitement ;
  • après l’ablation des ovaires ;
  • pendant ou après certains traitements, comme ceux du cancer du sein (hormonothérapie, chimiothérapie) ;
  • avec certains médicaments qui agissent sur les hormones.

Donc non, ce n’est pas une « histoire de femmes âgées ». J’ai déjà eu cette conversation avec des jeunes mamans qui ne comprenaient pas pourquoi tout avait changé depuis la naissance de leur bébé.

Comment la reconnaître ?

Les signes les plus courants :

  • une sécheresse vaginale, même en dehors des rapports ;
  • des brûlures, des démangeaisons ou des irritations ;
  • des douleurs pendant la pénétration, parfois même de petits saignements après ;
  • une envie d’uriner plus fréquente ou plus pressante ;
  • des infections urinaires qui reviennent souvent.

Comment est-elle diagnostiquée ?

L’atrophie vaginale est généralement diagnostiquée à partir de plusieurs éléments :

  1. Vos symptômes : votre médecin vous posera des questions sur ce que vous ressentez, comme la sécheresse vaginale, les rapports douloureux, les démangeaisons, les brûlures, les pertes ou les symptômes urinaires.
  2. Vos antécédents médicaux : il vous interrogera aussi sur votre ménopause, vos traitements passés (comme une thérapie contre le cancer) et les médicaments que vous prenez.
  3. Un examen gynécologique : il permet d’observer les signes d’atrophie, comme une muqueuse plus fine, sèche ou pâle, une perte d’élasticité, un rétrécissement de l’entrée du vagin, et parfois de petites irritations.

Dans certains cas, votre médecin peut aussi demander des examens complémentaires pour écarter d’autres causes :

  • un test du pH vaginal, car la muqueuse atrophique a tendance à être moins acide ;
  • un frottis, pour examiner les cellules du vagin ;
  • un test d’urine, si vous avez des symptômes urinaires, pour exclure une infection.

Mais le plus souvent, le diagnostic repose simplement sur vos symptômes et sur l’examen. L’important, c’est d’oser en parler.

Quels traitements ?

Les solutions sans hormones

  • Les hydratants vaginaux : ils s’appliquent régulièrement, tous les deux ou trois jours, qu’il y ait des rapports ou non. Souvent à base d’acide hyaluronique, ils soulagent la sécheresse plus durablement que les lubrifiants. On les trouve en pharmacie.
  • Les lubrifiants : ils s’utilisent au moment des rapports pour réduire les frottements et l’inconfort. Attention, les lubrifiants à base d’huile abîment les préservatifs.

Les traitements prescrits par votre médecin

Votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme peut vous proposer des traitements locaux, sous forme de crème, de gel ou d’ovules, souvent à base d’œstrogènes à faible dose. Ils agissent directement sur la muqueuse et sont souvent très efficaces. Le traitement le plus adapté dépend de vos symptômes, de vos antécédents médicaux et de vos préférences : c’est à voir ensemble, en consultation.

Ce qui aide au quotidien

Bien choisir son lubrifiant

Pour une muqueuse fragile, je conseille des formules douces, sans parfum et sans glycérine, qui respectent l’équilibre intime :

Tous nos lubrifiants sont réunis dans le rayon Lubrifiants & bien-être.

Prendre soin de sa muqueuse

  • Évitez les savons parfumés, les gels douche classiques et les douches vaginales : le vagin se nettoie tout seul, de l’eau ou un soin intime doux suffisent pour la vulve.
  • Préférez les sous-vêtements en coton.
  • Prenez le temps : des préliminaires plus longs, c’est plus d’excitation, donc plus de lubrification naturelle.

Garder une vie intime active, à son rythme

Ça peut paraître paradoxal, mais une activité sexuelle régulière, seule ou à deux, entretient la circulation du sang dans la zone et aide la muqueuse à rester souple. Pas besoin de pénétration pour ça : caresses, massages, stimulation externe… À chacune de trouver ce qui lui fait du bien, sans pression.

Renforcer son périnée

Un périnée tonique améliore la circulation sanguine et peut aussi limiter les petites fuites urinaires qui accompagnent parfois l’atrophie. Les boules de geisha sont une façon douce de le travailler. Pour débuter, les Kegel Balls de Rosy Gold sont simples à utiliser. Toujours avec du lubrifiant, et en commençant par de courtes durées. En cas de douleur ou de descente d’organes, demandez d’abord l’avis d’une sage-femme ou d’un kiné.

Quel impact sur la qualité de vie ?

L’atrophie vaginale peut peser sur le quotidien de plusieurs façons.

Sur le plan physique :

  • La vie sexuelle : les rapports douloureux (on parle de dyspareunie) poussent souvent à éviter l’intimité, font baisser le désir et rendent l’excitation et l’orgasme plus difficiles.
  • Le confort de tous les jours : sécheresse, démangeaisons et brûlures peuvent créer une gêne permanente.
  • Les problèmes urinaires : envies plus fréquentes ou pressantes, brûlures en urinant, infections à répétition.

Sur le plan émotionnel :

  • L’estime de soi : ces changements peuvent donner l’impression de vieillir, de se sentir moins féminine, et faire perdre confiance en soi.
  • Le moral : l’inconfort qui dure, les difficultés sexuelles et urinaires peuvent entraîner frustration, anxiété, et parfois une vraie déprime. Beaucoup de femmes ont honte et n’osent pas en parler.
  • Le couple : quand l’intimité devient difficile, la relation peut en souffrir, avec un sentiment d’isolement ou de distance.

Beaucoup de femmes pensent que c’est « normal avec l’âge » et ne consultent pas, alors qu’il existe des solutions efficaces. C’est dommage de perdre en qualité de vie pour rien.

Si la gêne dure, si elle vous empêche de vivre votre intimité comme vous le souhaitez, ou si vous avez des saignements, parlez-en à votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme. Je sais qu’il n’est pas toujours facile d’aborder le sujet, mais pour eux, c’est une question médicale comme une autre. Vous n’avez pas à vous excuser de vouloir une vie intime confortable.

Ces conseils ne remplacent en aucun cas l’avis d’un professionnel de santé.

Vos questions

L’atrophie vaginale, c’est définitif ?

Sans prise en charge, elle a tendance à s’installer. Mais les symptômes se soulagent très bien, avec des soins réguliers et, si besoin, un traitement prescrit par votre médecin.

Lubrifiant ou hydratant, quelle différence ?

Le lubrifiant s’utilise au moment des rapports, pour faciliter la glisse. L’hydratant s’applique régulièrement, même sans rapport, pour nourrir la muqueuse. Les deux sont complémentaires.

Est-ce que je peux encore utiliser mes sextoys ?

Bien sûr, avec un lubrifiant à base d’eau et en douceur. Les stimulateurs externes sont une bonne option quand la pénétration est inconfortable.

Vous avez une question ou vous ne savez pas quel lubrifiant choisir ? Écrivez-moi, je vous réponds personnellement. Et comme toujours, vos commandes arrivent dans un colis neutre et discret.

Marjorie

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